LA QUESTION GEORGE WEASLEY




Sans s'en apercevoir, ils étaient déjà arrivés au chaudron baveur. Harry était perplexe : il ne voyait pas Hermione quitter prématurément Poudlard. Il espérait qu'elle change d'avis, mais contenu du caractère d'Hermione, sa décision était définitive. Lui n'avait pas réfléchi à ce qu'il ferait cette année. Revenir à Poudlard était une évidence pour lui. Mais la révélation qu'Hermione abandonnait le château lui ouvrait de nouveau horizons. Il pouvait essayer de trouver un emploi... Mais sa carrière d'Auror serait alors qu'un rêve, car il devait passer ses ASPIC. A moins qu'il ne passe l'épreuve séparément, comme Hermione.

Non. Harry se connaissait mieux que personne. Il savait que sans être à Poudlard, il n'aurait jamais la force et le courage de travailler et de préparer ses ASPIC dans de bonnes conditions. De plus, Poudlard était comme une seconde maison pour lui. Il se sentait revivre la bas. Son désir de passer une dernière année dans ce château était fort.

Ils arrivèrent donc devant le Terrier, les bras chargés de balais et de livres. Aussitôt rentrés, Ron, Harry et Ginny sortirent dans le jardin pour essayer leur Eclair de feu, alors que Hermione avait réquisitionné le canapé du salon pour lire la dizaine de livres qu'elle avait achetés.

Harry enfourcha son balai en premier. Même sans faire Quidditch pendant plus d'un an, il retrouva très vite ses réflexes d'attrapeur. L'Eclair de feu filait effectivement très vite si bien que Harry, lorsqu'il fit sa première accélération, fut si étonné qu'il faillit tomber. Ron le rejoint très vite, émerveillé par le balai d'un niveau international qu'il avait pu s'offrir. Il n'en revenait sans doute pas que ce balai était à lui. Ginny, qui n'avait pas reçu la récompense du ministère, avait reprit l'ancien balais de Ron, moins performant que les deux autres balai mais quand même d'un niveau acceptable.

Harry et Ginny prirent le rôle de poursuiveurs, alors que Ron gardait les buts, miteux, fabriqué hâtivement avec de vieilles branches.

Lorsque l'horloge de la cuisine sonna sept heures, Molly rappela tous le monde. Avant de rentrer manger, et comme il lui avait promis, Harry permit à Ginny d'essayer son nouveau balais.

- Il est génial ce balais Harry ! s'exclama t-elle lorsqu'elle se posa sur le sol.

- A table ! cria Mrs Weasley

- Nous ferions mieux d'y aller, dit Harry, c'est mon dîner d'anniversaire.

Ils se dirigèrent vers la table, où tous les invités étaient déjà assis. Andromeda Tonks était là, avec Teddy. Toute la famille Weasley était présente.

- Kingsley n'a pas pu venir Harry, dit Mr Weasley à Harry. Il a trop de travail. Mais il m'a dit de te souhaiter un bon anniversaire de sa part.

- Vous le remercierez ! répondit Harry, alors qu'une gigantesque dinde venait d'atterrir sur la table juste devant lui, et que les couteaux ensorcelés coupaient la chair tendre. Vous avancez dans la reconstruction du ministère ?

- On y travaille Harry. Et ça avance, mais lentement. La pénurie de baguette est presque contrôlée. On en a importé assez de l'étranger, et nos stocks – en particulier celui d'Ollivanders – se remplissent doucement. Ce qui nous pose le plus de problèmes, c'est la justice et les moldus. C'est une lourde tâche de juger une personne coupable de collaboration avec Tu-sais-qui. Il n'y a jamais de preuve, que des témoignages, qui sont plus ou moins juste. Les accusés se disent ensorcelé par les mangemorts. Ils se réfugient derrière un Imperium qu'on leur aurait lancé. Il y a aussi une énormité de moldus qui ont été témoins de magie. Il faut tous les retrouver, pour garder le secret de notre communauté. De plus, les moldus qui ont vu la magie l'ont répété à ses proches, qui sont donc informés eux aussi. Comme tu le vois, c'est une tâche très compliquée.

- Ginny m'a parlé d'un local où l'on mettait les corps des anonymes...

- Oui, il y en a encore beaucoup. Mais il faut surtout se dépêcher des retrouver les victimes des Rafleurs qui ont été abandonnées dans tous le pays. C'est donc très difficile de les retrouver, et d'estimer le nombre de tué pendant la guerre. On ne pourra jamais avoir un chiffre exact.

- Vous n'avez toujours pas trouvé Foil ¼il ? Son corps a été pris par les mangemorts du ministère : Ombrage avait son ½il magique dans son bureau.

- On a bien retrouvé un corps qui pourrait lui correspondre, mais il est difficilement identifiable. On ne saura jamais s'il est ou pas Alastor.

Le dîner fut très agréable. Tous discutaient, même George qui avait fait un effort pour s'habiller correctement et être présent dans les conversations. Oh ! Il avait oublié de parler à Ron de son grand frère ! Il essayerait ce soir, s'il pouvait.

Enfin, le dessert arriva. Un énorme vif d'or flotta dans les airs et se stabilisa, toujours en flottant, au milieu de la table, juste devant Harry. D'un coup de baguette magique, une dizaine de parts se découpèrent d'elle-même pour se placer dans les assiettes de la table. En plus d'être sublime, le gâteau était succulent : Harry en prit trois fois puis, s'élançant vers une quatrième part, il sentit son jean craquer légèrement, se qui le raisonna à rester à sa place.

A la fin du repas, alors que les invités s'apprêtait à partir et les autres à aller se coucher, Mr Weasley se leva :

- A Harry Potter, notre nouveau héros, qui a combattu et vaincu les forces du mal !

- A Harry Potter ! s'écrièrent alors toutes les personnes autour de Harry, dont le visage devenait cramoisie.

Harry rentra dans ses couvertures. Toute cette soirée avait été épuisant pour lui. Il regarda tous ses cadeaux qu'on lui avait offert. Ils étaient magnifique, disposés sur le sol juste devant son lit. Bien entendu, Ron lui avait offert un livre s'intitulant : Comment séduire une sorcière et être l'homme idéal. Hermione quant a elle lui avait offert de magnifiques chaussettes, qui représentaient des chats hideux mais hilarants courant le long du pied. Ce cadeau fit renaître dans Harry le douloureux souvenir de Dobby, un elfe de maison, mort en sauvant Harry.
Perdu dans ses réflexions, Harry eu le sentiment d'avoir oublié quelque chose aujourd'hui. Il chercha longtemps dans sa mémoire, puis :

- Fred ! Ron ! Je voudrais te parler de...

Mais il était trop tard. Harry entendait déjà les lourds ronflements de Ron, synonyme que ce dernier dormait profondément. Harry, énervé, estima qu'il devait en faire autant, mais la rage de cet oubli le tenaillait et il ne s'endormi que très tard.

Comme conséquence, Harry se réveilla difficilement le lendemain matin. Ron était déjà habillé et l'attendait, assis sur le bord de son propre lit, pour déjeuner. Le souvenir lui revenant en mémoire, Harry discuta immédiatement de George à Ron. Celui-ci, perplexe, écouta attentivement Harry.

- Ron, ton frère ne va pas mieux ?

- Non, il est tellement attristé par la mort de Fred... Il a mis longtemps à l'accepter. Il était aussi à Sainte Mangouste. Depuis que la vérité lui est revenu en mémoire, il ne sourit plus. Il a commencé à manger après quatre jours, mais il est toujours aussi amorphe.

- Je ne sais pas quoi faire, dit Harry. Il faudrait l'occuper, pour qu'il ne pense que le moins possible à son frère.

- Mais son magasin est fermé. Il ne veux pas le rouvrir. Il n'en a plus la force.

- On pourra peut-être l'aider, proposa Harry, puis revenant sur son idée : non, il faudrait plusieurs mois pour tous remettre en état, pour trouver des fournisseurs...

- Et bien, commença Ron, hésitant, depuis que Hermione nous a annoncé qu'elle quittait Poudlard, j'hésite à la suivre. Je pourrait aider George à faire fonctionner le magasin. Je ne sais pas ce que je veux faire. Je ne sais vers quel métier me tourner Harry. Je pourrais remplacer Fred au magasin et...

- ... et on verra bien, termina Harry attristé. Réfléchis bien avant de prendre une décision. Tu ne pourras pas passer tes ASPICS. Il est trop tard pour en demander l'autorisation de les passer séparément. Si tu est sur de ton plan, suis le. Mais si tu as un doute, alors retourne à Poudlard. Après, tes ASPICS en poche, tu aura un plus grand choix de carrières. Maintenant, si tu veux te lancer dans une carrière de vendeur, rien ni personne ne t'en empêchera.

- LES GARCONS ! VENEZ MANGER cria Molly depuis sa cuisine. Il était en effet très tard et Harry ne s'était pas encore habillé ni déjeuné.

Harry et Ron ne parlèrent pas pendant le petit déjeuner. Mrs Weasley les regardaient d'en ½il suspicieux. Harry se sentait examiné, cette même impression qu'il avait lorsque Dumbledore l'observait.

Harry était très perplexe. Personne ne retournait à Poudlard. Ses deux amis ne seront pas là pour le soutenir comme pour les années précédentes. C'était en partie grâce à eux qu'il avait réussi à ignorer les chuchotements, le regards accusateurs ou même des affrontements diverse. Avec sa nouvelle notoriété, ce mal-être ne sera que plus accentué. Ginny serait bien sur avec lui, mais elle était différente de Ron et d'Hermione.

Cette dernière entra dans la pièce. Elle avait bien sur déjeuné depuis longtemps et allait au salon pour poser un livres qu'elle avait fini de lire. Lorsqu'elle les vis attablés, elle se tourna vers eux :

- C'est pas trop tôt, s'exclama t-elle. On croyait ne jamais vous voir ce matin.

Dans un grand silence les deux jeunes hommes finirent de manger, puis s'habillèrent. Ils rangèrent leur chambre d'un coup de baguette magique puis descendirent dans le salon, où Hermione et Ginny lisaient. Après quelques instants, alors que la gêne était palpable entre Ron et Harry, la rouquine proposa de faire une petite partie de Quidditch, alors qu'Hermione, pour réponse à cette invitation, s'enfonçait un peu plus dans les coussins moelleux du fauteuil.

Une grande partie du mois d'août se passa ainsi. Entre les parties de Quidditch endiablées, les longues balades interminables avec Ginny ou encore les excursions au chemin de traverse, Harry menait une vie agréable et paisible. Coupé du monde, sans lire les journaux, il pu se reposer et ne penser qu'a soit même et à ses proches. Il profitait enfin de la vie que Voldemort lui avait volé et la lourde tâche qu'il avait eu à porter durant l'année c'était dissous, laissant place à la liberté sans fin dont Harry puisait ses forces.

Au fur et à mesure que la rentrée à Poudlard approchait, Ron était de plus en plus sûr de rester au magasin de farces et attrapes. Le métier de vendeur, et surtout l'autonomie qu'il avait acquit lui plaisait.

Hermione quant à elle passait ses journées au ministère, d'où elle revenait heureuse du travail qu'elle accomplissait. Elle ramenait les nouvelles directives du ministre, les différentes actions qu'effectuait le ministère pour reconstituer le monde magique que Voldemort avait lourdement blessé.

Enfin, la veille du départ du terrier, Harry se décida de parler à Ron et de le faire revenir sur sa décision. Mais le rouquin était sur de son choix et la réponse fut qu'il était heureux à présent, que certes Poudlard lui manquerait même s'il préférait rester ici à travailler et aider son frère à tenir la boutique.

Harry croyait son ami qui lui disait se plaire dans sa nouvelle vie. Mais remonter constamment le moral de son frère ne devait pas être facile. Harry admirait le courage de Ron et l'énergie qu'il mettait à impliquer George à son magasin. C'était payant. George n'avait toujours pas retrouvé le sourire, mais il écoutait les conversations et en faisait même –rarement- partie.

# Posté le mardi 15 juillet 2008 01:41

Modifié le lundi 21 juillet 2008 02:03